Conjoncture

Prévisions de la FFB pour 2015

#Quoi de neuf ? Publié le 25 mars 2015 par L'Echo de la Baie

La FFB a actualisé ses estimations et prévisions, en tendant compte de la réforme du suivi conjoncturel officiel des autorisations et des mises en chantier de logements.

Elle estime que, hors effet prix, la production en logement neuf a reculé de 10,8 % en 2014 et connaîtrait une nouvelle baisse de 3,8 % en 2015, malgré une petite hausse (1,1 % précisément) des ouvertures de chantier. Quant au non-résidentiel neuf, le repli relevé en 2014, avec ‑6,4 % en volume, s’accentuerait en 2015, à ‑9,4 %. Enfin, sur le segment de l’amélioration-entretien, la baisse de production de 1,7 % en 2014 cèderait la place à une hausse de même ampleur en 2015, hors effet prix, principalement en lien avec le report de chantiers initialement envisagés en 2014, faute d’environnement institutionnel suffisamment stable et clair pour les donneurs d’ordres. Au global, le vif recul de 2014 s’établit à ‑5,1 % en volume, et la tendance 2015 s’alourdit par rapport aux prévisions de décembre 2014, avec ‑1,5 % contre ‑0,4 % initialement prévu.

Il faut cependant insister sur le fait que les prévisions risquent d’évoluer assez largement au cours de l’année, au fur et à mesure que les nouvelles séries dans le logement neuf sont mieux maîtrisées.

Du côté de l’emploi, la baisse anticipée à 30 000 postes pour 2014 est confirmée (‑28 700 exactement soit ‑2,4 %, dont ‑23 800 salariés et ‑4 900 intérimaires en équivalent-emplois à temps plein). Le même recul reste prévu pour 2015.

Extrait de l’intervention de Jacques CHANUT, Président de la FFB, le 25 mars 2015

” Suite aux travaux statistiques de début 2015, la lecture de la conjoncture dans notre secteur est rendue plus délicate, d’autant que les premiers signes d’un retournement pointent à l’horizon.

Quatre points majeurs, selon nous, méritent d’être mis en exergue.

Premièrement, dans le segment du logement neuf, depuis fin 2014, la progression des ventes se révèle porteuse d’espoir pour l’activité. Elle est pour une large part le fruit de la mise en place du dispositif Pinel et de l’amélioration du PTZ+. Si l’on ajoute l’ensemble des éléments du Plan de relance d’août 2014 et le retour, faible mais réel, de la croissance économique, on peut augurer d’un début de reprise des mises en chantier fin 2015, début 2016.

Compte tenu de ces éléments, l’année 2015 devrait se solder non pas sur un total de 340 000 logements, ce qui eut été le score au fil de l’eau, mais à 360 000 logements, grâce aux effets du Plan de relance. Il convient toutefois de préciser que nous affinerons, tout au long de l’année, nos prévisions en fonction des évolutions des chiffres publiées par le ministère du Logement pour 2014 et 2015. Comme pour toute statistique nouvelle, la phase d’apprentissage se révèle essentielle avant d’être véritablement en capacité de décrypter les évolutions à l’œuvre. Pour l’heure, notons que la nouvelle méthode officielle de comptage des permis de logement n’affecte que les niveaux absolus en 2014, sans modification notable des tendances.

Deuxièmement, pour le non-résidentiel neuf, la situation qui prévaut se résume simplement : poursuite de la baisse. Vous connaissez les chiffres : hors locaux agricoles, nouveau repli des autorisations de 1,3 %, ce qui place l’année 2015 comme la plus mauvaise depuis 1998 ; nouveau repli des mises en chantier de 1,6 % à seulement 17,9 millions de m² de surface de plancher. Certes, le niveau de ces données en date de prise en compte reste sujet à caution. Mais il n’en va pas de même en évolution. En 2015, indéniablement tous les segments de marché ressortiront à la baisse, avec toutefois, notons-le, un moindre recul des bâtiments industriels (‑0,7 %) qui traduit, là encore, l’amélioration de l’environnement économique.

Troisièmement, pour le segment de l’amélioration-entretien, la différenciation entre logement et non-résidentiel se révèle le fait majeur, avec une hausse de près de 2,5 % pour le premier sous-segment et une quasi-stabilité pour le second. Au total, dans une vision volontairement optimiste, l’activité progresserait sous les effets de la mise en place du Crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) et de l’éco-conditionnalité. C’est d’ailleurs pourquoi la FFB s’est engagée dans une vaste campagne de communication du 9 au 22 mars dernier afin de promouvoir les différents dispositifs de nature à encourager les travaux, en particulier le CITE. Force est cependant de constater qu’à court terme, le marché reste hésitant, et que sur le moyen terme, la rénovation énergétique reste très en deçà des espoirs comme des besoins.

Quatrièmement, il découle de ces éléments que, pour 2015, l’activité globale s’inscrira encore en baisse de 1,5 % avec respectivement :

  • ‑3,8 % pour le logement neuf ;
  • ‑9,4 % pour le non-résidentiel neuf ;
  • +1,7 % pour l’amélioration-entretien.

Conséquence directe, nous devrions encore perdre 30 000 équivalent-emplois à temps plein sur l’année en cours, une grande partie de ces destructions procédant de non-remplacement des départs à la retraite et des changements de secteur.

Vous l’aurez compris, sous les effets conjugués des mesures de relance et d’un retour, certes trop faible mais réel de la croissance, le Bâtiment commence à entrevoir le bout du tunnel. L’année 2015, dans le prolongement des quatre années précédentes, se soldera néanmoins par de nouvelles pressions déflationnistes et par une poursuite de l’érosion des trésoreries. Dans un tel contexte, il faut, dès lors, se féliciter grandement de l’action des Pouvoirs Publics contre le développement de la concurrence déloyale. On ne le dira jamais assez, tous les ferments d’une déstructuration profonde de l’appareil de production se trouvent réunis. Le choix apparaît donc bien entre, d’une part, l’appel de plus en plus massif à une main d’œuvre étrangère temporaire, d’autre part l’emploi et l’activité au pays.

Pour mieux préparer encore l’avenir et amplifier le retour de la croissance, il nous semble utile de rappeler deux dimensions cruciales :

  • une reprise forte et durable de la construction de logements, susceptible de répondre aux besoins des Français, suppose une énième relance de la primo-accession, compte-tenu de l’effort exceptionnel des HLM et du redémarrage de l’investissement locatif privé. Rien ne se fera sans un nouvel allongement des différés de remboursement du PTZ+ pour les ménages modestes. Certes, une telle politique a un coût, mais la reprise durable est à ce prix ;
  • l’essor des travaux d’économie d’énergie que tous appellent de leurs vœux ne passe pas par la multiplication des obligations, surtout si ces dernières s’imposent aux seuls acteurs privés. Il est loin le temps du parc public exemplaire ! Il faut encore et toujours rappeler que seule une politique mesurée et stable d’incitation, avec des outils clairs et durables, permettra un essor progressif. Il est impératif que cette option l’emporte, alors que 2015 est l’année de l’écologie, avec une échéance aussi importante que COP21, la conférence de Paris sur le changement climatique.

Enfin, la situation particulière de nos territoires ultra-marins doit être abordée. Pris globalement, ils subissent une crise encore plus virulente qu’en métropole. Les quelques grands chiffres à notre disposition témoignent, selon les zones, de pertes d’emplois comprises entre 40 % et 50 % depuis 2008. Il est indispensable que soit rapidement envisagé pour ces territoires un plan d’urgence. Il doit porter sur tous les volets de l’acte de construire, du foncier jusqu’à la livraison de logements correspondant aux attentes des populations, en passant par une meilleure connaissance et une meilleure prise en compte des spécificités locales, notamment en ce qui concerne les prix et les coûts de construction… “


Vous aimerez aussi

Abonnez-vous

Profitez du magazine où et quand vous voulez. Abonnements papier et offres 100% numériques sur ordinateur, tablette et smartphone

Je m’abonne à partir de 78 €

Déjà abonné ? Identifiez-vous

Contact

Tel. +33 (0)2 43 59 90 80